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Espace muséographique Victor Schœlcher, son œuvre à Fessenheim (Haut-Rhin)

« La République n’entend plus faire de distinction dans la famille humaine.
Elle n’exclut personne de son immortelle devise :
Liberté - Egalité – Fraternité. »

Extrait du rapport Schœlcher – Paris 1848

Musée Victor Schoelcher

 

Le musée Victor Schœlcher, son œuvre est dédié à l’auteur du décret du 27 avril 1848, proclamant l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

Humaniste, partisan de l’abolition de la peine de mort, défenseur de la cause des femmes et des droits de l’enfant, Victor Schœlcher repose au Panthéon de Paris depuis 1949.

Berceau de la famille Schœlcher, Fessenheim est jumelée depuis 1980 avec la ville martiniquaise de Schœlcher appelée Case-Navire jusqu'en 1889, date à laquelle elle fut renommée en hommage à Victor Schœlcher.

Portrait de Victor SchoelcherVictor Schœlcher naît à Paris le 22 juillet 1804 d’un père originaire de Fessenheim en Alsace et fabricant de porcelaine de luxe. Intégrant tout jeune la manufacture familiale installée dans le Faubourg Saint Denis, il s’intéresse aussi très vite à la vie politique de la Restauration.

Séduit par les idées républicaines, il adhère au mouvement libéral de Guizot fondé en 1827. Initié à la franc-maçonnerie, le jeune homme fréquente également les milieux littéraires et artistiques de la capitale. Il fait la connaissance de Victor Hugo, d’Alphonse de Lamartine, de George Sand, …

Dans les années 1828-1830, il voyage aux Etats-Unis, au Mexique et à Cuba. Venu pour y vendre les porcelaines de la fabrique familiale, il découvre l’effroyable réalité du système esclavagiste. Ce choc sera le point de départ d’une prise de conscience qui fera de ce grand bourgeois athée et franc-maçon un monument de conscience au service des droits de l’homme.

Dès son retour, il publie un premier article « Des Noirs », qui dénonce publiquement l’esclavage. Dans les années qui suivent, ses positions abolitionnistes s’affirment à travers de nombreux ouvrages : « De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale » en 1833, « L'abolition de l’esclavage » en 1840, « Des colonies françaises, abolition immédiate de l’esclavage » 1842, « Colonies étrangères et Haïti » en 1843, « l’Histoire de l’esclavage pendant les deux dernières années » en 1847.

Dans ses écrits, appuyés par l’observation tirée de ses voyages aux Antilles et en Afrique, il pose les principes et fondements d’un modèle de réorganisation sociale sans l’esclavage très empreint des théories du socialisme utopique de l’époque mais qui préfigurait et annonçait sous bien des aspects l’évolution des sociétés antillaises.
En février 1848, la Monarchie de Juillet est renversée. Victor Schœlcher en voyage au Sénégal, est rappelé en France par le Gouvernement provisoire. Il occupe les fonctions de sous-secrétaire d'Etat auprès de François Arago, ministre de la Marine et des Colonies. Il préside la commission pour l’abolition et rédige le décret historique du 27 avril 1848 :

« le Gouvernement provisoire,
Considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine,
Qu’en détruisant le libre arbitre de l’homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir ;
Qu’il est une violation flagrante du dogme républicain Liberté, Egalité, Fraternité,
Décrète :

« Article 1 : l’esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises… »

L'abolition de l'esclavage le 20 décembre à la Réunion.En août 1848 se déroulent pour la première fois des élections libres d’outremer, au suffrage universel masculin dans les colonies françaises. Le nom de Schœlcher est proposé à la Martinique et également en Guadeloupe où il est élu, mais il opte pour la Martinique et devient représentant du peuple à l’Assemblée Nationale constituante.
En mars 1849, Victor Schœlcher s’oppose à Bissette lors des élections législatives.
Il est battu par Bissette, mais retrouve son siège de la Guadeloupe. Suite à une controverse sur son élection il publie « La vérité aux ouvriers et cultivateurs de Martinique… » répondant ainsi aux accusations portées notamment par Cyrille Bissette. Après l’annulation des élections, Schœlcher est réélu en 1850 en Guadeloupe en tant que représentant du peuple à l’Assemblée Nationale.

Face à la crise de l’économie sucrière qui frappe les îles, le bouleversement des rapports sociaux issus de l’émancipation des esclaves, la répression de la presse, Victor Schœlcher va alors intervenir dans la vie sociale et politique des Antilles : il fonde le Journal « le Progrès », défend les principes du suffrage universel, se bat pour l’instruction gratuite et obligatoire, défend les mesures d’indemnités aux colons, prône la construction de grandes centrales sucrières.

Le coup d’Etat du 2 décembre 1851 ne lui permet pas de poursuivre son action destinée à assurer la prospérité des colonies et l’intégration des anciens esclaves. Combattant sur les barricades, il est contraint de quitter le territoire français et s’exile en Angleterre en 1852 où il restera jusqu’en 1870.

A la chute du second Empire, il est élu député en 1871, le 12 mars en Martinique, le 2 avril, en Guyane, et fin mai en Guadeloupe, il opte pour la Martinique.
En 1875, il est sénateur inamovible et membre du Conseil supérieur des Colonies.

Président de la Société de secours mutuel des Créoles, il publie plusieurs ouvrages sur la législation du travail aux Antilles et poursuit son combat pour le développement économique des Antilles.

En parallèle son combat pour les droits de l’Homme s’étend : il milite pour l’amélioration du sort des femmes, lutte pour l’abolition de la peine de mort, défend la liberté de la presse, œuvre pour imposer la laïcité et préside un congrès anticlérical.

Dans son ouvrage « Polémique coloniale » il publie ses derniers articles sur l’esclavage aux Etats-Unis, au Brésil et au Sénégal. En 1889 son œuvre littéraire s’achève avec un dernier écrit sur la « Vie de Toussaint Louverture ».

Jusqu’à la fin, sans relâche et sans faille, Victor Schœlcher aura appliqué son éternelle devise :

« La République n’entend plus faire de distinction dans la famille humaine. Elle n’exclut personne de son immortelle devise : Liberté - Egalité - Fraternité »

Intérieur du musée Schoelcher à Fessenheim

Victor Schœlcher s’éteint le 25 décembre 1893 dans sa demeure de Houilles (Yvelines). Le 5 janvier 1894, un cortège funéraire mené par deux étudiants antillais et deux officiers de marine noirs, l’emmène dans sa dernière demeure du Père-Lachaise.

Le 20 mai 1949, sur une initiative du sénateur Gaston Monnerville, métis originaire de Guyane, la République française transfère au Panthéon les cendres de Victor Schœlcher ainsi que celles du Guyanais Félix Éboué, descendant d’esclave devenu gouverneur de l'Afrique Equatoriale Française et premier résistant de l’Empire.

A Fessenheim, pour honorer la mémoire de Victor Schœlcher qui a toujours manifesté la fierté de ses racines alsaciennes, un musée lui a été dédié en 1982 avec le soutien de Gaston Monnerville, petit-fils d’esclave guyanais devenu Président du Conseil de la République française.

Créé à l’initiative de la commune de Fessenheim, le nouvel espace muséographique Victor Schœlcher, son œuvre a ouvert ses portes en 2015 en remplacement de l’ancien musée, trop vétuste.

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