La Route des Abolitions de l'Esclavage
et des Droits de l'Homme
 
  Historique de la Maison Abbé Grégoire d'Emberménil

 << retourHoraires, tarifs...
Pratique
Plan d'accès à Emberménil
Accès
Programme des manifestations à Emberménil
Manifestations

Si l’abolition de l’esclavage fut proclamée sous la pression de la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue, elle fut le combat d’un homme qui allait y consacrer toute sa longue existence : l’Abbé Henri Grégoire.

Né en 1750 dans le petit village lorrain de Vého, il est ordonné prêtre en 1775 et nommé curé d’Emberménil en 1782. Quand sont convoqués les Etats Généraux en 1789, Grégoire est élu député du Bas Clergé de Lunéville. A partir de là, va s’ouvrir un parcours exceptionnel qui fera de lui l’une des grandes figures de la Révolution Française.

Artisan du ralliement du Clergé au tiers-Etat, participant au serment du jeu de paume, président de l’assemblée nationale lors de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, il est l’auteur du décret qui au lendemain de la victoire de Valmy, abolit la royauté et fonde la 1ère république.
Président de la Convention nationale, il siège aux Cinq cents puis au sénat sous le Consulat et l’empire. Après avoir voté contre l’établissement de l’empire en 1804, il rédige le texte de déchéance de l’Empereur en 1814. Détesté de Napoléon il le sera tout autant des Bourbons qui l’écarteront de toutes fonctions.

Serment du jeu de paume
Le Serment du jeu de paume

Pendant toute sa vie il affichera ses convictions religieuses. De Curé d’Emberménil, il sera élu évêque de Blois et votera la Constitution Civile du Clergé. Le chapeau de Cardinal qui lui était acquis par le pape sera annulé par Bonaparte. Grégoire se battra pour la liberté des cultes, la séparation de l’Eglise et de l’Etat  ou l’abandon de la messe en Latin.

A coté d’un parcours politique conséquent, Grégoire laissera à la France une œuvre considérable : auteur de la suppression de la gabelle et du Droit d’Aînesse, il dirigera les réformes de l’instruction publique, sera l’inventeur de la conservation du patrimoine, instaurera les mesures de luttes contre le vandalisme, créera le Bureau des Longitudes, universalisera la langue française. Il fondera les maisons d’agriculture départementale, sera l’un des pères de l’Institut de France, créera l’Académie des Sciences Morales et Politiques, le Conservatoire National des Arts et Métiers.
 
Bibliographie: (Certains de ces titres sont consultables en ligne sur http://gallica.bnf.fr/)

1789 : Mémoire en faveur des gens de couleur
1808 : De la littérature des nègres
1813 : De l’influence du christianisme sur l’abolition de l’esclavage
1815 : De la traite et de l’esclavage des Noirs et des Blancs par un ami des hommes de toutes les couleurs
1826 : De la noblesse de peau
 


Déclaration des droits de l'homme et du citoyen
Déclaration des droits de l'homme

Mais son œuvre la plus conséquente fut ce combat pour l’Homme, celui qu’il avait annoncé en rédigeant l’Article Premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen :

 «  les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en Droits ».

Son combat fut d’abord pour les juifs. Dès 1788 dans son « Essai sur la régénération des Juifs » il plaide pour leur intégration et l’égalité de traitement. C’est lui qui le premier introduit une représentation des Juifs à l’Assemblée Nationale en demandant l’égalité des Droits et qui leur sera définitivement consacrée en 1791, la communauté juive devenant membre à part entière de la Nation.

Mais son combat le plus long fut pour les Noirs : en 1789 Grégoire est membre de la « Société des Amis des Noirs » dont il deviendra Président. Il fera supprimer les primes gouvernementales pour la traite des Noirs et le 4 février 1794 arrache à la Convention Nationale l’abolition de l’esclavage.

Plaidant  pour l’intégration des Noirs dans la République, il s’opposera vigoureusement à l’expédition Leclerc en 1801 et sera l’un des rares à voter contre le rétablissement de l’esclavage en mai 1802.

Il voyagera en Angleterre et rencontrera les grands abolitionnistes Clarkson et Wilberforce, écrira entre 1808 et 1827 de nombreux ouvrages dénonçant les crimes contre les Noirs. En 1815, il interpelle les membres du Congrès de Vienne pour l’abolition immédiate.

Défenseurs des Noirs il fut le protecteur de la jeune République d’Haïti : dès 1800, il entretient une correspondance pour aider Toussaint Louverture et en 1812, il est invité au Cap par le Roi Christophe. En 1819, Haïti ouvre une souscription pour doter le Palais présidentiel de son portrait. En 1825 quand les représentants d’Haïti viennent acheter la reconnaissance de l’indépendance de leur pays par la France, les autorités officielles leurs interdisent de rencontrer Grégoire.

Bravant l’interdiction, les Haïtiens ne peuvent s’empêcher à la faveur de l’obscurité de rencontrer leur protecteur qui en 1827 écrira un émouvant « Epitre aux Haïtiens ».
Seul un cancer généralisé réussira à abattre et à faire taire à jamais l’Abbé Grégoire. Celui qui avait traversé les tourmentes de la Révolution, s’était opposé à l’Empire et avait osé défier les Bourbons, s’éteignît le 28 mai 1831. Boycottées par les autorités officielles ses funérailles furent un succès populaire. Un cortège de 20.000 personnes composé d’ouvriers, d’étudiants mais aussi de Juifs et de Noirs accompagna le cercueil de Grégoire au cimetière du Montparnasse.

Abbé Grégoire - Emberménil
Portrait de l'Abbé Grégoire

Vitrail évoquant l'abolition de l'esclavage
Vitrail hommage aux abolitionnistes

A l’annonce de sa disparition un deuil national est décrété à Haïti : drapeaux en berne, messes solennelles dans toutes les églises, un coup de canon est tiré toutes les heures pendant deux jours. L’année suivante une statue de Grégoire est érigée à Port-au-Prince.

En 1989, dans le cadre des commémorations du Bicentenaire de la Révolution, la France reconnaissante consacre l’immortalité de Grégoire en transférant ses cendres au Panthéon National.





En 1994, à l’occasion du Bicentenaire de la première abolition de l’esclavage la Commune d’Emberménil et le Comité Grégoire inaugurent la Maison muséographique Abbé Grégoire.


>> Venir à la maison Abbé Grégoire d'Emberménil

 

Copyright © 2007 Route des Abolitions tous droits réservés
Réalisation Torop.Net - Site mis à jour avec wsb.sw4torop.net
Plan du site
Avec le soutien financier de :

La Maison Abbé Grégoire d'Emberménil La Maison Schoelcher de Fessenheim La Maison de la Négritude de Champagney Le Château de Joux Toussaint Louverture - Pontarlier La maison Anne-Marie Javouhey de Chamblanc